Installation de Shinken

Dans la série “ma vie de sysadmin en semi-pro”, je me suis frotté à la mise en place d’une supervision de type Nagios. Mon besoin est la surveillance de quelques serveurs et services critiques et la remontée d’alertes en cas de souci. Nagios est la référence dans le domaine avec des centaines de greffons pour surveiller la plupart des applications existantes et la possiblité de créer ses propres greffons pour ses applications spécifiques. Par goût de la démarcation (mais pas seulement), j’ai opté pour Shinken, un fork de Nagios qui a plusieurs avantages à mes yeux :

  • c’était une branche expérimentale de Nagios qui aurait dû succéder au Nagios actuel dont les critiques disent que le noyau n’évolue pas assez vite par rapport aux demandes des utilisateurs,
  • son architecture est saluée pour sa capacité de montée en charge (distribuée, balance de charge),
  • c’est écrit en Python et la compatibilité est totale avec les greffons Nagios.

La supervision en général et Nagios en particulier est un vaste sujet et des IT administrant des milliers de serveurs et de services ont beaucoup plus de légitimité que moi pour en parler. Je vais me borner à décrire les étapes d’une installation sans problème sur un serveur Debian Wheezy.

Installation de Shinken

Ce qui suit s’inspire directement du 10 minutes Shinken installation guide avec quelques adaptations pour Debian Wheezy.

Installation des paquets Debian nécessaires :

$ apt-get install python-cherrypy3 python-pip \
    python-pycurl nagios-plugins

Création d’un utilisateur shinken dédié :

$ adduser shinken

Et finalement installation de shinken lui-même avec le programme PIP (je suppose que Python et PIP 2.x sont installés sur votre Debian) :

$ pip install shinken

C’est aussi simple que cela. On a installé le moteur de Shinken mais aucune interface graphique. Je découvre petit à petit mais l’interface est une composante optionnelle et plusieurs sont proposées. J’ai choisi d’installer webui, celle recommandée qui apporte de la visualisation (la configuration se fait en modifiant des fichiers et en redémarrant les services Shinken).

Installation de Webui

Shinken propose son propre gestionnaire de greffons avec le programme shinken.

$ shinken --init
$ shinken install webui
$ shinken install auth-cfg-password

Webui nécessite un stockage en base pour stocker les préférences utilisateurs. On peut se limiter à SQLite, j’ai choisir MongoDB (la base NoSQL) qui me sert à d’autres usages.

$ apt-get install mongodb python-pymongo
$ shinken install mod-mongodb

Editer /etc/shinken/modules/webui.cfg et rajouter les modules dépendants :

modules auth-cfg-password,mongodb

Editer /etc/shinken/brokers/broker-master.cfg et rajouter le module webui :

modules webui

Il reste à définir les contacts (personnes) du système dans /etc/shinken/contacts. Par défaut, un administrateur est défini dans /etc/shinken/contacts/admin.cfg, son mot de passe est utilisé pour l’interface Webui.

Deux commandes servent régulièrement quand on modifie la configuration.

Vérifier que la configuration est syntaxiquement correcte :

$ service shinken check

Redémarrer les services Shinken :

$ service shinken restart

Si tout est correct, on peut se connecter sur Webui depuis un navigateur à l’adresse :

http://<SERVER>:7767

les objets supervisés

Nagios introduit la notion de host et de service pour désigner les machines et les services s’exécutant sur ces machines. La configuration de Shinken après installation est minimale :

  • les notifications par email sont activées et seront utilisées si votre serveur peut envoyer des emails
  • la machine locale est elle-même supervisée de manière générique, je crois que le seul indicateur c’est le Ping pour vérifier qu’elle est accessible.

On va enrichir tout cela en installant un agent SNMP sur le serveur Shinken ce qui permet de surveiller, entre autre, l’utilisation CPU, RAM, occupation des disques.

On installe un agent SNMP sur la machine locale avec le paquet snmpd qui, par défaut, n’est accessible que par localhost :

 $ apt-get install snmpd

On rajoute le greffon linux-snmp dans Shinken :

$ shinken install linux-snmp

On corrige deux soucis de l’installation sous Debian :

le script check_icmp doit avoir les droits setuid :

$ chmod u+s /usr/lib/nagios/plugins/check_icmp

Le module PERL utils.pm est mal référencé par les greffons Nagios ; on le fait pointer sur celui de notre installation de PERL dans /usr/share/perl5

/usr/share/perl5$ ln -s /usr/lib/nagios/plugins/utils.pm

On peut modifier la configuration du host localhost en éditant le fichier /etc/shinken/hosts/localhost.cfg :

define host{
    use                 linux-snmp
    contact_groups      admins
    host_name           localhost
    address             127.0.0.1
}

On vérifie la configuration et on redémarre Shinken :

$ service shinken check
$ service shinken restart

Si la configuration est correcte, la machine locale avec ses services CPU, Mémoire apparaît désormais dans Webui. La fréquence du polling, les notifications, tout est configurable finement par host , par groupe de host, par service. La documentation est riche et bien détaillée.

Dans le cas de GNU/Linux, la supervision par SNMP apporte les indicateurs de base d’un serveur. Pour avoir plus, on peut donner l’accès SSH au superviseur Shinken sur les serveurs ou on peut installer NRPE (Nagios Remote Plugin Executer). Je préfère NRPE car on ne demande pas l’accès total au serveur à superviser. L’installation de NRPE est bien décrite dans cet article. Pour finir, beaucoup de resources Nagios sont disponibles sur le site Nagios Exchange.

Seb-Solon - 2014-12-20 23:57:38

Hey!

Merci d’utliser Shinken! Vue la date de ton article tu as du prendre une 2.0.3. Si tu joues encore avec sache qu’on est en train de sortir la 2.2 qui fixe pas mal de choses :)

Content de voir que certains se sentent à l’aise avec ;)

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