Ma vie de sysadmin en semi-pro (1)

Par goût personnel et par nécessité professionnelle, je rajoute progressivement le rôle d’administrateur système à mon métier de base qui est le développement de logiciels. Doté de bonnes bases UNIX et réseau, je découvre petit à petit les bon outils et les bonnes pratiques pour faire le job, le simplifier voire l’automatiser. Et parfois j’enverrais volontiers une caisse de bières à l’auteur d’un outil qui m’a sauvé plusieurs heures fastidieuses :-)

Dans cette série d’articles ma vie de sysadmin en semi-pro je parlerais épisodiquement de mes avancées et de mes découvertes dans le domaine de l’administration système.

Tout d’abord la console est ta seule amie. Sur ton PC de bureau, la console est un choix. Dans le monde des serveurs c’est un passage obligé car ils sont rarement installés avec une interface graphique et on les accède généralement par SSH. Les outils de base sont connus mais il faut apprendre à les maîtriser.

Ce qui propulse la console c’est un shell UNIX compatible Bourne Shell. Il y a plusieurs variantes : le Bourne Shell d’origine (sh), le Bourne Again Shell (bash), Korn Shell (ksh), Z Shell (zsh). Des experts sont capables de discuter de tel avantage de zsh par rapport à ksh. A mon niveau, maîtriser sh et Bash qui est le choix par défaut d’un grand nombre de systèmes GNU/Linux est le choix de la raison. On trouve beaucoup de littérature sur le sujet (le Bourne Shell existe depuis 1978 et le Bourne Again Shell depuis 1989 ), ma référence est le guide Advanced Bash-Scripting Guide sur le site du Linux Document Project. Ensuite il est bien sûr important de connaître les programmes en ligne de commande nécessaires pour les tâches de tous les jours : grep, find, locate, chmod, chown, cp, mv, mkdir, rm, rmdir, touch, top, kill, ps … la liste est loin d’être exhaustive.

Un autre élément important est éditeur de texte en mode console. Il doit être polyvalent, léger, capable de traiter des fichiers de centaines de milliers de lignes. Deux candidats se détachent du peloton : Vim et Emacs. Les deux sont beaucoup plus que de simples éditeurs de texte. Ayant des rudiments de Vi depuis 20 ans, je me suis lancé à corps perdu dans l’apprentissage des fonctions avancées de Vim Que du bonheur ! Voici quelques liens :

Quand on passe beaucoup de temps sur la console, on est à l’affut des manières de la rendre plus attractive et plus puissante

  • Le prompt du shell par défaut est minimaliste. Pourquoi ne pas l’enrichir avec des informations utiles comme la charge processeur ou les infos de gestion de version (SVN, GIT) du répertoire courant ? C’est ce que propose le projet LiquidPrompt.
  • Le choix des couleurs est important quand on passe beaucoup d’heures devant une console. Je ne parle pas de choisir une palette cool mais bien de préserver sa vue. J’ai fait le choix du schéma de couleur Solarized. Ca peut sembler un peu pâlot au début mais je me suis vité habitué et je l’utilise dans chaque programme où c’est possible. Dans le même registre, j’utilise le projet RedShift pour gérer la température des couleurs en fonction de l’heure de la journée et de votre emplacement géographique. Les deux premiers jours, on a l’impression que la luminosité est trop basse, ensuite on trouve cela normal. Et on se sent agressé quand on utilise une autre machine que la sienne.
  • On se retrouve vite à ouvrir quantité de terminaux et à jongler entre eux. J’ai utilisé Terminator un temps puis j’ai pris confiance et j’ai eu besoin de multiplier les terminaux depuis une même session SSH et de lancer des traitements qui tournent en tâche de fond. Du coup, j’ai pris le temps d’apprendre Tmux et c’est un très bon investissement ! Un bon article pour démarrer est accessible ici.
  • Quand on provisionne des serveurs régulièrement, il est intéressant de déployer sa configuration du shell, de l’éditeur de texte, ses outils afin de retrouver son environnement et ses habitudes. On peut installer ses fichiers manuellement depuis un point central comme son GitHub, ou mieux on peut carrément automatiser cette partie en utilisant un outil comme Fabric.

Le choix des outils présentés dans cet articles est personnel. Ce qui est intéressant, c’est la puissance de la console dans une utilisation quotidienne, la pléthore d’outils et le sentiment de maîtrise de ce qu’on fait.

Votre commentaire
Le site Web est optionel
Le message peut être rédigé au format Markdown