Le linuxien, le libriste et l'eco-citoyen cherchent un téléphone respectable

Ces trois tendances se mélangent, à des teneurs différentes, chez la plupart d’entre nous.

  • linuxien car on l’aime beaucoup notre système (tout en se tenant au courant des cousins BSD). On aime sa bidouillabilité, sa stabilité, la logithèque illimitée, la foison des distributions et les débats sans fin qui en decoulent.
  • libriste : de même que les antibiotiques ne sont pas automatiques, le linuxien n’est pas forcément un gladiateur du Libre. Libriste c’est un idéal trop exigeant dans notre monde imparfait, on ne l’atteint pas mais on essaie de s’en rapprocher et c’est déjà bien.
  • éco-citoyen (cherchez l’intrus) : rien à voir avec les deux tendances précédentes mais c’est un trait commun des linuxien que je connais. Sensibilisé à l’écologie, au recyclage, aux énergies propres, on espère que l’Open Source s’étende à tous les domaines pour favoriser l’émergence de solutions désintéressées.

Le terme respectable va beaucoup varier d’une personne à l’autre.

Pour un linuxien, le téléphone évident est un Android. Si on rajoute une dose plus ou moins forte de librisme à l’individu (une bonne injection d’hormone RML), Android n’est plus acceptable ou alors nu, débarrassé des applications Google avec F-Droid en remplacement du Play Store. D’autres alternatives existent : la plus libriste (pour ceux qui ont eu une double injection de RML), c’est Firefox OS. Le système mâture assez vite. Je suis intéressé, quand il y aura la fonction hotspot 3G, Firefox OS ce sera une option viable pour moi.

Encore plus discret que Firefox OS, les premiers téléphones Ubuntu pointent leur nez. L’attrait pour un linuxien c’est d’avoir un vrai GNU sous le capot et l’annonce par Canonical de la Convergence (vers le mois d’octobre) est alléchante : cela s’apparente au concept initial d’Ubuntu Edge, la possibilité de transformer son téléphone en ordinateur. On peut voir quelques vidéos buzz ou la connexion d’une souris bluetooth au téléphone passe les applications en mode fenêtré. BQ a lancé deux téléphones à un tarif très abordable, de bonne facture mais le système serait un peu lent (cela rapelle les premières versions d’Android sur le G1). A voir si des optimisations à court terme du système arrangeront le problème.

Une autre alternative de niche, c’est l’entreprise Jolla, fondée par des anciens de Nokia. Jolla a poursuivi le projet Maemo pour en faire Sailfish OS, un système esthétiquement très beau, basé sur un vrai GNU/Linux. Le hic c’était les applications car s’il est, paraît-il, simple de porter des applications existantes, comment motiver des développeurs à le faire ? Firefox OS, sorti plus tard, et ses Web Apps est probablement plus connu par les développeurs. En réponse, Jolla a joué la carte de la compatibilité avec les applications Android (comme Blackberry OS 10) pour grossir le catalogue des applications.

Et l’eco-citoyen qui sommeille, que veux-t-il ?

  • un téléphone avec une durée de vie plus longue : Firefox OS et ses builds communautaires vont dans ce sens, ainsi que Ubuntu qui déploie ses mise à jour régulièrement et en direct (sans validation de l’opérateur). Le projet ARA de Google est une réponse matérielle ; un téléphone modulaire avec une durée de vie plus longue.
  • un téléphone équitable (fabriqué sans exploitation des travailleurs) : le projet FairPhone est une solution mais le prix de l’équitable reste prohibitif.

Difficile de concilier toutes ces tendances, le mouton à 5 pattes n’existant pas, on va forcément choisir un compromis acceptable qui satisfait notre conscience de linuxien / libriste / éco-citoyen.

Votre commentaire
Le site Web est optionel
Le message peut être rédigé au format Markdown