Gérer un projet de développement avec Jenkins CI

Jenkins CI  logo Faisant suite à l’article décrivant l’installation de Jenkins CI, nous allons voir comment gérer un projet en reprenant la configuration déployée sous Tomcat avec Ubuntu 10.04 serveur. Pour rappel, Jenkins CI permet de mettre en place une intégration continue afin de traquer d’éventuelles régressions d’un projet logiciel pendant le cycle de développement. En pratique, il sait accéder à la plupart des gestionnaires de sources et s’interface avec la plupart des système de build. Son rôle principal consiste à recompiler le projet périodiquement, dérouler les tests unitaires et produire des notifications si quelque chose va de travers.

Mon projet d’exemple est représentatif de mes activités de ces derniers mois : le développement d’un logiciel écrit en Java qui utilise le système de build Apache Maven pour construire le projet. D’abord il faut installer Maven

$ apt-get install maven2

Maven est géré nativement par Jenkins (sans l’ajout de plugin). On accède à la configuration de l’outil Maven depuis la page d’administration globale :

Configure  Maven tool

A l’exécution, Jenkins cherche les données relatives à Maven dans /usr/share/tomcat6 car il s’exécute dans le conteneur de servlet Tomcat en tant qu’application Web. Si le projet nécessite un fichier de configuration Maven particulier, il faut le copier dans /usr/share/tomcat6/.m2/settings.xml et il faut s’assurer que l’utilisateur tomcat6 possède tous les droits sur le répertoire.m2.

Maintenant, nous sommes prêts à créer un nouveau Projet. Les projets de type Maven ont leur propre type de projet :

New Project

Peu d’informations sont nécessaires pour définir un projet de type Maven :

  • l’interaction avec le gestionnaire de sources,
  • le chemin du fichier POM.XML qui contient la description du build Maven,
  • les “goals” de compilation du projet.

Dans mon exemple, le gestionnaire de source est Subversion (SVN pour les proches) et il est supporté en standard, de même que CVS. La liste est restreinte mais ne paniquez pas, une quantité de plugins permettent de supporter à peu près tout ce qui existe (Bazaar, GIT, ClearCase, Mercurial,…). Cerise sur le gâteau la gestion des plugins n’est pas bidouillesque. Les plugins sont supportés officiellement, listés et installables depuis l’interface d’administration de Jenkins.

Configurer SVN pour le projet se borne à définir l’URL du projet et configurer l’authentification.

Configure  SVN

Une section Maven définit les “goals” à exécuter et le chemin du fichier de build POM.XML. Les “goals” ‘clean’ ‘install’ sont les cibles classiques pour nettoyer puis reconstruire tout le projet.

Maven Goals

Le build peut être déclenché de plusieurs manières: manuellement ou automatiquement. Dans ce dernier cas, ce peut être sur changement des sources dans le gestionnaire de sources, indirectement dans le cas de multi-projets ayant des dépendances (où l’on recompile le projet B chaque fois que le projet A est construit). Il y a d’autres cas plus spécifiques, voire très particuliers :-) gérés par des plugins.

Dans notre exemple je reste simple et je définis un déclenchement de build du projet sur modification du gestionnaire de source. De manière similaire à l’outil CRON, on peut définir le mot-clef ‘@hourly’ qui signifie qu’une fois par heure Jenkins regarde si quelque chose à changé sur SVN (c’est à dire si un développeur a publié du nouveau code).

Trigger  Build

Dans le cas de mon projet dont la compilation prend une vingtaine de minutes c’est une valeur sensée. Quand l’intégration continue est présentée aux développeurs, il prennent rapidement leur marque par rapport au fait que le projet est vérifié chaque début d’heure et ils évitent quelques pièges :

  • morceler des ‘commits’ qui ne compilent pas (ce qui est une mauvaise pratique en soi) et pire, publier un peu avant l’heure entière ce qui augmente le risque de casser le build de l’intégration continue pendant la prochaine heure,
  • publier en fin d’heure, ce qui limite les chances de rattraper le coup en cas de problème inattendu.

Le dernier point restant à voir pour boucler l’exemple, c’est la notification des développeurs quand l’intégration continue échoue. Là aussi on peut élaborer un système complexe, toute une catégorie de plugins existe pour s’interfacer avec des systèmes existants (SCM, Messengers) ou rester basique et envoyer une notification par email.

Notification

Jenkins CI conserve un certain nombre de builds et il affiche une météo du build en fonction de la stabilité des derniers résultats. En cas d’erreur, il envoie les parties pertinentes. Si cela ne suffit pas à identifier la cause de l’erreur, toutes les traces de console sont conservées et attachées à chaques build.

Jenkins CI peut être mis en œuvre en moins d’une journée sur un projet simple et ainsi apporter les bénéfices d’une intégration continue à une équipe de développeurs et de testeurs. Mais l’outil est d’une telle richesse qu’il peut apporter beaucoup plus :

  • support de projets complexes par une architecture maître/esclave pour déléguer la construction de sous-parties du projet,
  • support de langages / systèmes de builds / gestionnaires de sources très étendu,
  • déclenchement de tâches post-build pour générer des rapports (analyse de la qualité du code, couverture du code par des tests), déployer les versions produites automatiquement.

Né du fork de Hudson l’année dernière (suite à un différent avec Oracle), Jenkins CI est un projet open source (sous licence MIT) en plein essor, ce que confirme le rythme régulier des sorties et l’activité de son forum.

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